Scotchée devant cet instant dégoûtant, elle avait éternué trois fois, trois fois de trop. Elle le regardait avec
stupeur et se disait "Basile ne sera pas l'homme moutarde". Mais comment ce rendez vous pouvait bien se
passer sachant qu'elle restait bloquée sur cette vision d’un nez... ? Déjà du mal à supporter le sien ! D’un
coup, elle décida de dire un mot, juste un, pour débloquer la situation. Mais quel mot ? Ha ! Oiseau ! Ça y
est elle avait viré l'attention sur le piaf posé sur la rambarde près de lui.
« Oiseau !
- Pardon ?
_ « oiseau »
_ moi c’est Basile, enchanté Oizo ! Mais tu ne t’appelais pas ... euh... un truc comme Poire ou ...
_Prune, je m’appelle Prune ! »
Prune ne savait plus où se mettre il était bizarre ce monsieur, il osait se mettre des doigts dans le nez et
m'appeler oiseau ? Il fallait que je mette court à ce carnage. Ce rancard était digne d'un film de Gus van
Sant, chiant à mourir.. Dans son for intérieur elle se disait " vite je veux courir en talons aiguilles... Et
échapper à cet ours mal léché."
Basile était conquis par cette étrange Poire. Il avait tout loisir de la détailler, elle le regardait avec un
sourire béat, se tortillant sur ses talons aiguilles. Un vrai canon ! Ce qu’il noterait dans son appli spécial
rencontre. Belle, plus grande que lui et ça ce serait gênant en soirée, sa robe rouge, une mini-veste et des
jambes à mourir ! Restait le problème de la taille, il fallait vite la faire asseoir. Pourquoi se mouchait-elle
autant, hum, faudrait pas attraper ses microbes ! Mais cette façon aussi de se tortiller sur place, elle a
envie de pisser ou quoi ? Elle doit être stressée terrible, je suis un mec protecteur, vas-y Basile !
Et la Basile, d'un coup d'un seul s'assit sur le premier banc trouvé, fallait qu'il s'assoit le garçon, il
semblait si petit.
Il avait repéré durant leurs conversations internet que les chats étaient sa tasse de thé. Alors il lança : "Tu
as des chats mademoiselle Prune ?" Prune déroutée qui essayait en vain de se dire qu'il fallait qu'elle reste
là à ses côtés au moins quelques temps.. Elle aimait à penser qu'un rencard de moins de deux heures était
inutile et une perte de temps. Alors elle resterait au moins deux heures.
D'un air faussement emballé elle dit :" oui cinq chats magnifiques à qui j'apprends les bonnes manières"
Oui, elle éduquait ses chats, bientôt chats de compétitions, même si pour certains, ils étaient moches
comme des poux. Elle décida de s'asseoir près de lui, mais elle trébucha. Son collant noir a paillettes
s'était complètement déchiré. Il fallait...
Basile la regardait et se mit à paniquer : « Imagine cette fille ! Même pas capable de s’asseoir, et il faudra
qu’elle s’assoit souvent, en fait tout le temps ! La vache c’est pas ma veine de rencontrer un canon pareil
pas capable d’aligner deux mots et de s’asseoir ! Manquerait plus que j’attrape son rhume, oh ! Vite
l’appli de sauvetage ! » Il appuya à fond sur sa montre connectée.
Prune se débattait avec son collant quand elle le vit courir vers son sac à dos et empoigner son téléphone
qui hurlait « oinc oinc oinc » on aurait dit un poulet qu’on égorge !
« Allô ? Maman ? Ça va ? t’es sûre ? Ton cÅ“ur ? Une douleur ? Une douleur en étau de localisation
rétrosternale, généralement déclenchée à l'effort, quoi ? Causée par un chat qui s’approchait tout près de
toi ?... l'infarctus du myocarde provoquant une douleur brutale ...de ... merde !! Oui... oui, j’arrive tout de
suite ! »
Et là , Prune désemparée, prise d'un énième éternuement, laissant un filet de morve sur sa robe rouge, se
leva net et précis, pris ses jambes à son coup et commença à avancer vite, vite, vite vers le métro. Même
pas au revoir, même pas on ne se reverra jamais, même pas de petites étoiles dans les yeux. Rien le néant.
Le nez en gluant.
stupeur et se disait "Basile ne sera pas l'homme moutarde". Mais comment ce rendez vous pouvait bien se
passer sachant qu'elle restait bloquée sur cette vision d’un nez... ? Déjà du mal à supporter le sien ! D’un
coup, elle décida de dire un mot, juste un, pour débloquer la situation. Mais quel mot ? Ha ! Oiseau ! Ça y
est elle avait viré l'attention sur le piaf posé sur la rambarde près de lui.
« Oiseau !
- Pardon ?
_ « oiseau »
_ moi c’est Basile, enchanté Oizo ! Mais tu ne t’appelais pas ... euh... un truc comme Poire ou ...
_Prune, je m’appelle Prune ! »
Prune ne savait plus où se mettre il était bizarre ce monsieur, il osait se mettre des doigts dans le nez et
m'appeler oiseau ? Il fallait que je mette court à ce carnage. Ce rancard était digne d'un film de Gus van
Sant, chiant à mourir.. Dans son for intérieur elle se disait " vite je veux courir en talons aiguilles... Et
échapper à cet ours mal léché."
Basile était conquis par cette étrange Poire. Il avait tout loisir de la détailler, elle le regardait avec un
sourire béat, se tortillant sur ses talons aiguilles. Un vrai canon ! Ce qu’il noterait dans son appli spécial
rencontre. Belle, plus grande que lui et ça ce serait gênant en soirée, sa robe rouge, une mini-veste et des
jambes à mourir ! Restait le problème de la taille, il fallait vite la faire asseoir. Pourquoi se mouchait-elle
autant, hum, faudrait pas attraper ses microbes ! Mais cette façon aussi de se tortiller sur place, elle a
envie de pisser ou quoi ? Elle doit être stressée terrible, je suis un mec protecteur, vas-y Basile !
Et la Basile, d'un coup d'un seul s'assit sur le premier banc trouvé, fallait qu'il s'assoit le garçon, il
semblait si petit.
Il avait repéré durant leurs conversations internet que les chats étaient sa tasse de thé. Alors il lança : "Tu
as des chats mademoiselle Prune ?" Prune déroutée qui essayait en vain de se dire qu'il fallait qu'elle reste
là à ses côtés au moins quelques temps.. Elle aimait à penser qu'un rencard de moins de deux heures était
inutile et une perte de temps. Alors elle resterait au moins deux heures.
D'un air faussement emballé elle dit :" oui cinq chats magnifiques à qui j'apprends les bonnes manières"
Oui, elle éduquait ses chats, bientôt chats de compétitions, même si pour certains, ils étaient moches
comme des poux. Elle décida de s'asseoir près de lui, mais elle trébucha. Son collant noir a paillettes
s'était complètement déchiré. Il fallait...
Basile la regardait et se mit à paniquer : « Imagine cette fille ! Même pas capable de s’asseoir, et il faudra
qu’elle s’assoit souvent, en fait tout le temps ! La vache c’est pas ma veine de rencontrer un canon pareil
pas capable d’aligner deux mots et de s’asseoir ! Manquerait plus que j’attrape son rhume, oh ! Vite
l’appli de sauvetage ! » Il appuya à fond sur sa montre connectée.
Prune se débattait avec son collant quand elle le vit courir vers son sac à dos et empoigner son téléphone
qui hurlait « oinc oinc oinc » on aurait dit un poulet qu’on égorge !
« Allô ? Maman ? Ça va ? t’es sûre ? Ton cÅ“ur ? Une douleur ? Une douleur en étau de localisation
rétrosternale, généralement déclenchée à l'effort, quoi ? Causée par un chat qui s’approchait tout près de
toi ?... l'infarctus du myocarde provoquant une douleur brutale ...de ... merde !! Oui... oui, j’arrive tout de
suite ! »
Et là , Prune désemparée, prise d'un énième éternuement, laissant un filet de morve sur sa robe rouge, se
leva net et précis, pris ses jambes à son coup et commença à avancer vite, vite, vite vers le métro. Même
pas au revoir, même pas on ne se reverra jamais, même pas de petites étoiles dans les yeux. Rien le néant.
Le nez en gluant.
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